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Les aventures de Perrine et de Charlot

Les misérables se sont mis à deux pour enlever l’enfant. Tiens ! ils se sont enfuis de ce côté. Suivons les pistes.


julien l’idiot, d’une voix qui tremble d’émotion.

Alors, M. Olivier, alors, c’est bien vrai ? Charlot niche avec ces bandits ? J’espérais…


olivier le tardif

Hélas ! mon pauvre Julien ! J’ai peur, en effet, qu’il en soit ainsi.

Le jeune homme n’ose plus regarder son compagnon, tant il devine l’affreuse torture de son cœur. Charlot, mais n’est-il pas la raison même de vivre de l’infirme, son rayon de soleil, la douceur de son âme d’isolé, l’objet d’un dévouement et d’une affection sans bornes ? Avec son sourire d’enfant affectueux et bon, Charlot pouvait tout obtenir de Julien. Avec bonheur, l’infirme aurait payé de son sang, non seulement la sécurité du petit, cela allait de soi, mais la moindre de ses joies enfantines.

Le jour baisse peu à peu. Après une demi-heure de marche, aux alentours d’un marais qui s’étend à perte de vue, les traces disparaissent. Olivier Le Tardif se tourne vers le matelot.


olivier le tardif

Nous allons rebrousser chemin, Julien. Nous ne pouvons plus rien à nous deux. D’ailleurs, l’obscurité sera complète, intense dans une heure. Hâtons-nous vers le fort. Ce soir, nous organiserons une battue générale dans les bois et les soldats nous accompagneront. La plupart sont des amis, des frères pour moi. Je le leur demanderai…

Mais le matelot secoue la tête. Écrasé au pied d’un arbre, le visage enfoui dans ses mains, il