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Les aventures de Perrine et de Charlot

les cérémonies du matin à Notre-Dame-de-Recouvrance, il y a le soir, feux de joie et d’artifice. Jamais l’on a vu dans la Nouvelle-France un pareil spectacle ! L’organisation des fêtes avait été confiée à l’ingénieur, Jean Bourdon. Aidé du sieur de Beaulieu, M. de Saint-Jean (Jean Bourdon) avait dressé de splendides machines lumineuses. « Le petit château, entre autres, qui était fort bien proportionné, enrichi de diverses couleurs, flanqué de quatre tourelles remplies de chandelles à feu et entouré de seize grosses lances à feu, revêtues de saucissons, attiraient les regards. À l’entour de cette forteresse en miniature, n’avait-on pas mis à égale distance quatre grosses trompes, d’où l’on vit sauter treize douzaines de serpenteaux, sortant six à six avec une juste distance, et quatre douzaines de fusées qui se devaient enlever douze à la fois ! »

Quel succès, lorsque, la nuit descendue, on procède à l’illumination. Le sieur de Beaulieu présente un boute-feu à M. le gouverneur qui allume la machine. Les Hurons chuchotent « Les Français sont plus puissants que les démons, ils commandent au feu ! Hé ! s’ils veulent brûler les bourgades de leur ennemis, ils auront bien tôt fait. » Le père Le Jeune est ravi. Il déclare que les plans de M. l’ingénieur seront envoyés en France pour être gravés, puis insérés dans la prochaine Relation.

Quelques jours plus tard, on entre dans la semaine sainte. Quelle ferveur parmi les Canadiens et les sauvages convertis ! De bonne heure dans l’après-midi du vendredi saint, Olivier Le Tardif, Julien et Charlot se rendent chez les jésuites. Ils sont porteurs de messages. On parle peu en route, par respect pour ce jour douloureux à toute âme chrétienne. Au détour d’un