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Les aventures de Perrine et de Charlot

gouverneur avec leurs canons ? Pourquoi ils ne se battaient pas ?


charlot

Et M. Olivier ?


catherine de repentigny

On ne s’est pas défendu ? Des Anglais, pourtant, ça ne fait pas peur à des Français.


marie de la poterie

Ça, c’est sûr.


charlot

Moi, si j’était grand grand comme M. de Normanville, je serais si bien un Français que je n’aurais pas peur,… du diable, là !


perrine

Ne parle pas ainsi, Charlot.


louis couillard, (joli enfant blond de sept ans.)

Grand’mère, venez, racontez-nous ce qui vous est arrivé, il y a de cela très longtemps.

(Le petit garçon attire Marie Rollet dans un fauteuil.)

élisabeth couillard, (une mignonne de six ans.)

Grand’mère, racontez-nous, vite.

Les enfants font cercle autour de Marie Rollet. Les six Huronnes, un peu à l’écart, se penchent sur des travaux à l’aiguille. Catherine de Cordé, Mmes de Repentigny et de la Poterie distribuent des conseils aux travailleuses. Le silence s’établit. L’atmosphère est propice pour un récit. Mais Marie Rollet ne se décide à prendre la parole que sur un sourire d’acquiescement de l’aïeule, Catherine de Cordé. Elle parle alors longuement des temps difficiles de jadis. Avec de pitoyables exclamations, les enfants apprennent la famine de l’an 1628, alors que chacun n’avait pour toute