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Les aventures de Perrine et de Charlot
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ble un vrai coup de Dieu, puis-je ajouter !… Je suis reconnaissant aussi à Guillaume Hubou et à Olivier Le Tardif qui paient la pension de deux des Huronnes comme nous le faisons, nous, pour les autres qui sont au logis. »

« Ainsi, continua le père, avec l’aide que nous apporte Madame Hubou, qui est une femme instruite et versée dans les langues sauvages, nous pourrons suppléer quelques temps encore à l’absence des religieuses. Venez donc au pensionnat, Mesdames, aussitôt que vous le pourrez. Vous y verrez même, finit-il en riant, un négrillon qui a été laissé jadis par les Anglais à la famille de Madame Hubou. Je lui apprends l’alphabet. Il est d’une ingénuité délicieuse ! »

Par un après-midi très doux de décembre, Mme Le Gardeur, Perrine et Charlot entrent donc chez Marie Rollet. Mmes de Repentigny et de la Poterie s’y trouvent avec leurs enfants et deux petits Couillard blonds et rieurs. On n’attend plus que le père Le Jeune et ses petits sauvages, dans la grande salle où sont assises silencieuses, droites, les yeux curieux, les six Huronnes.

Marie Rollet s’empresse auprès de Catherine de Cordé. Elle lui exprime sa joie de la voir en sa vieille maison, remplie de souvenirs.

Enfin, la voix du père Le Jeune se fait entendre.

Il entre à la tête de ses étranges élèves, qui baissent aussitôt la tête, intimidés par la présence des trois grandes dames. Le jésuite s’excuse en quelques mots de son retard. La classe s’ouvre par le signe de la croix. Puis c’est la récitation de l’Oraison dominicale, qui est suivie du Symbole des Apôtres. Le père chante quelques strophes en langue sauvage. Il donne ensuite des explications sur le catéchisme. Il demande à Mme