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Les aventures de Perrine et de Charlot

de la fenêtre favorite de Mme Le Gardeur ! Un berceau, oui, c’est bien cela, un berceau sur lequel est penchée Madame Bourdon. Sa figure rayonne d’un tel bonheur que Perrine devine aussitôt. « C’est Madame Jacqueline, sûrement, se dit-elle, qui est la maman du petit être qui dort dans son nid douillet. » Perrine embrasse la jeune mère, et se perd dans la contemplation du merveilleux poupon, « un petit garçon, » lui souffle Jacqueline Potel.

Charlot, au comble de la stupéfaction, ne quitte pas la scène des yeux. Les mains derrière le dos, la bouche entr’ouverte, il regarde maman et poupon. C’est qu’il n’y comprend rien, là ! « Ah ! ça, d’où vient-il ce petit, petit enfant ? »

Il s’approche de Madame Le Gardeur qui cause à voix basse avec l’abbé de Saint-Sauveur.


catherine de cordé, prenant Charlot contre elle.

Eh bien ! Charlot, que dis-tu de la belle et mignonne créature qui nous est venue du ciel en ton absence ?


charlot, gravement.

Je suis content, Madame, oh ! bien content. Mais c’est à qui donc on a fait ce présent ?


catherine de cordé

À Madame Jacqueline. Vois-tu, elle n’a pas eu, comme moi, le bonheur de rencontrer sur sa route une jolie Perrine, un bon et aimable Charlot. Alors, ses bras si tendres demeuraient vides. Elle se sentait malheureuse. La Providence n’a plus voulu qu’elle ait du chagrin. Elle lui a envoyé ce ravissant poupon à chérir.


charlot, toujours grave.

Et M. de Saint-Jean, est-ce qu’il est content, lui aussi ? Car il faut bien qu’il soit le papa du