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Les aventures de Perrine et de Charlot

rinien. Puis, Jean Nicolet intervient habilement. Durant une longue pause du dernier orateur, il annonce que des présents et quelques provisions attendent les sauvages au fort. Cette offre alléchante a pour effet d’interrompre tout nouveau discours, et de permettre aux Français de quitter l’assemblée. On est brisé de fatigue, et abasourdi d’entendre sans répit les voix monotones ou glapissantes des sauvages.

Au fort, la fête a un succès dont les enfants devront longtemps se souvenir. Nos six petits amis joints aux bambins et aux bambines des colons prennent part à la distribution. Avec la facilité de mémoire qui distingue leur âge, ils en arrivent bientôt à prononcer quelques phrases en langue algonquine ou huronne. Joie des sauvages !… L’attitude de ces derniers démontre une admiration croissante pour les Français. « Ils ne souriront plus avec dédain à l’avenir, avouent-ils, lorsque les enfants du grand peuple de France entreront en lice avec les enfants des bois. » On se sépare aux premières étoiles.



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