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Les aventures de Perrine et de Charlot

Un coup de canon retentit. L’enfant bondit. Puis il se met à rire et se penche à la fenêtre.


charlot

Julien, vois M. de Montmagny. Il arrive. Plusieurs soldats aussi… Et regarde donc de ce côté ! Oh ! que de sauvages débarquent !


julien, renfrogné.

Oui. Ils seront près de mille tantôt. Et ces canailles sont bien sûrs que le Huron qui court avec M. de Normanville arrivera le premier.


charlot, inquiet.

Et toi, Julien, le crois-tu ?


julien

Si ces huileux n’inventent pas quelque mauvais tour, non, mon petit. Ils ont beau nous traiter de tortues, nous valons mieux qu’eux avec leurs vieilles peaux de Satan.


charlot, riant.

Oh ! Julien, comme tu parles ! Perrine assure qu’il y a de bons sauvages.


julien

Mademoiselle Perrine n’a pas vécu avec ces crasseux.


charlot

Mais, ni toi non plus, Julien.

Le matelot demeure interdit. C’est vrai cela. Et s’il hait tant les sauvages, c’est surtout parce qu’ils peuvent faire beaucoup de mal à ceux qu’il aime, à Charlot, à Perrine, à Mme Le Gardeur, sa bienfaitrice… L’idiot passe sa main sur son front. « C’est fatigant de raisonner comme cela, pense-t-il. C’est bon pour des curés qui prêchent. Et ils ont leurs raisons prêtes, encore. »