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Les aventures de Perrine et de Charlot

le chef nipissirinien

Jean Nicolet, un des tiens a blessé notre frère ; tu connais notre coutume : fais-nous un présent pour guérir la blessure.


jean nicolet

Non, car il n’en est pas de même parmi les Français. Quand quelqu’un de nous fait mal, on le châtie. Cet enfant a blessé un de vos gens : il va être fouetté en votre présence.

Le jeune homme est amené. Mais les Nipissiriniens voyant qu’on le dépouille de ses habits et que les verges s’apprêtent à le frapper, crient, protestent, hurlent. « Ce n’est qu’un enfant, il n’a point d’esprit ! » s’exclament-ils.

Enfin, un d’entre eux fend la foule, parvient près du coupable, se découvre les épaules, et jette sa robe sur le dos du petit tambour. Les yeux brûlants, la tête hautainement renversée, il interpelle celui qui tient les verges.


le nipissirinien

Frappe sur moi, soldat, mais tu ne toucheras pas à cet enfant.

« Ho ! ho ! ho ! » vocifèrent de tous côtés les sauvages. Ils sont fort satisfaits de cette intervention du Nipissirinien.

Et alors, Jean Nicolet, bien heureux, lui aussi de n’avoir qu’à pardonner au coupable, prie l’exécuteur de laisser là les verges et de se rendre en toute hâte au fort Saint-Louis. Il en rapportera quelques présents.

La distribution se fait joyeusement. Seul, effondré au pied d’un arbre, le petit tambour sanglote convulsivement. Jean Nicolet le voit. Il s’approche, quittant un instant ses compagnons.


jean nicolet, frappant doucement sur l’épaule de l’enfant.