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Les aventures de Perrine et de Charlot

Catherine de Cordé est heureuse de procurer une distraction aux orphelins. Elle consent à cette promenade. L’on se met en route aussitôt. Charlot gambade et gazouille, refusant de se laisser porter par Julien. Le fort Saint-Louis est bientôt en vue. La foule des sauvages s’est massée à son entrée. Il y a là des Montagnais, des Algonquins, des Hurons, surtout des Nipissiriniens. Parvenu à une faible distance, Julien s’empare de Charlot, et malgré ses résistances, le tient ferme dans ses bras.

Le tambour cesse tout à coup. Une voix s’élève d’un groupe formé d’un capitaine montagnais, d’un chef Huron, de Jean Nicolet, d’Olivier Le Tardif et des frères Godefroy. Julien et les enfants s’arrêtent près d’eux. Jean Nicolet est venu tout droit, en ce jour, des Trois-Rivières, afin d’accompagner ses amis les Nipissiriniens. N’est-il pas demeuré neuf années au milieu d’eux ? N’est-il pas considéré comme un de leurs capitaines et admis au Conseil de la Nation ? Naturellement, les frères Godefroy ont suivi leur ami dans ce voyage à Québec.


jean nicolet, très haut et s’adressant en langue sauvage à la foule.

Mes amis, un pari vient de s’engager entre deux capitaines.

(Il fait signe au Huron et au Montagnais d’approcher.)

Celui-ci

(désignant le Montagnais.)
prétend que mon cher camarade, Thomas Godefroy de Normanville, que vous voyez à mes côtés, peut vaincre à la course n’importe lequel d’entre vous.
(Murmures et protestations.)

Celui-là