Page:Daveluy - Les aventures de Perrine et de Charlot, 1923.djvu/110

Cette page a été validée par deux contributeurs.
110
Les aventures de Perrine et de Charlot

Iroquois : « Ces canailles ne méritent pas de vivre. » Hein, Julien, tu as dit cela ?

Le matelot ne répond pas et paraît confus.


perrine, s’entêtant, ses yeux bleus deviennent lumineux.

Quand même Julien dirait cela, Charlot, il vaut mieux ne pas tuer. Et les pauvres blessés,

(elle frissonne.)
que c’est triste aussi ! Moi, vois-tu, je soignerai toujours, petit frère, mais je ne tuerai jamais, jamais.

charlot, relevant hardiment la tête.

C’est que tu ne feras pas un homme comme moi, un beau chevalier.

(Il écoute soudain.)

Qu’est-ce donc que ce bruit ? Tu entends, Perrine ?

(Battant des mains.)

C’est le clairon, c’est le tambour. Oui, oui, c’est cela. Perrine, ma petite Perrine, viens, allons voir avec Julien ce qui se passe au fort Saint-Louis.


perrine

Je veux bien, si Madame, Le Gardeur le permet.


charlot

Allons vite le lui demander.

(au matelot.)

Julien attends-nous ici.


julien, saluant militairement.

Oui, mon commandant.

Charlot s’amuse de cette réponse. Et, à son tour, prenant position, la main sur la couture gauche de sa mignonne culotte de velours, il lève la main droite et salue.