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Les aventures de Perrine et de Charlot


olivier le tardif

Soyez la bienvenue, Louise, et vous aussi, Mademoiselle Le Neuf. Petite Perrine, vous apprenez à bonne école la vertu de charité !

(Plus bas et s’adressant tout particulièrement à Louise Couillard.)

Nahakhish me paraît plus mal aujourd’hui. Ne le trouvez-vous pas aussi ?

Louise Couillard incline affirmativement la tête. Puis, devant le regard persistant et très doux du jeune homme, elle rougit. Entre eux existe depuis longtemps un vif sentiment d’affection. Quelque jour l’amour fleurira !

La femme sauvage s’approche à son tour. Marie Le Neuf et Louise Couillard lui remettent les provisions contenues dans les paniers : des œufs, une gelée aux fruits, deux tourterelles.

On s’assoit dans le plus profond silence. Les jeunes filles n’ont garde de refuser les galettes de maïs recouvertes de sirop de pruneaux qu’on leur présente. Telle est la façon, elles le savent, de pratiquer l’hospitalité chez les sauvages : d’abord, s’asseoir et manger en silence, puis procéder à l’entretien.

Les compatissantes visiteuses ne touchent qu’avec peine aux galettes gluantes. Elles les abandonnent au garçonnet qui s’approche d’elles, les yeux gourmands. Il les dévore avec avidité. Puis, constatant que les jeunes filles, comme lui, ont les mains poissées et semblent embarrassées, il leur explique, avec force gestes à l’appui, le moyen d’échapper à cet inconvénient. À maintes reprises, il passe ses deux mains dans sa chevelure huileuse et touffue ; puis, point encore satisfait, il appelle le chien de garde et vivement frotte ses mains aux longs poils de l’animal.