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Page:Daudet - La Belle-Nivernaise, 1886.djvu/88

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Retardés par la brutalité des eaux et les relâches des nuits sans lune, les Louveau désespéraient de livrer leur bois à temps.

Tout le monde avait mis la main à la besogne, et l’on travaillait fort tard dans la soirée, à la lueur des becs de gaz du quai et des lanternes.


Image 02 - Chapitre IV


À onze heures, toute la cargaison était empilée au pied de la rampe.

Comme la charrette de Dubac, le menuisier, ne reparaissait pas, on se coucha.

Ce fut une terrible nuit, pleine de grincements de chaînes, de craquements de bordages, de chocs de bateaux.

La Belle-Nivernaise, disloquée par les secousses, poussait des gémissements comme un patient à la torture.