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L’odeur fade et douce des chargements de bois frais emplissait la nuit.

Toute une flottille de bateaux grouillait dans l’ombre de la rivière.

Le mouvement du flot faisait vaciller les lanternes et grincer les chaînes entre-croisées.


Image 18 - Chapitre I


Pour rejoindre son bateau, le père Louveau avait à traverser deux chalands reliés par des passerelles.

Il avançait à pas craintifs, les jambes flageolantes, gêné par l’enfant qui lui étranglait le cou.

Comme la nuit était noire !

Seule une petite lampe étoilait la vitre de la cabine, et une raie lumineuse, qui filtrait sous la porte, animait le sommeil de la Belle-Nivernaise.