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Page:Daudet - La Belle-Nivernaise, 1886.djvu/245

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« Non, je ne veux pas… je veux m’en aller, je veux m’en retourner chez nous. » C’était son idée fixe.

Sa languitude des commencements lui était revenue encore plus forte, et le matin, au petit jour, quand je le voyais assis sur son lit, les yeux fixes, je comprenais qu’il pensait au moulin en train de s’éveiller à cette heure, et à la belle eau courante dans laquelle il a barboté toute sa vie d’enfant. Ces choses l’attiraient de loin, et les brutalités du maître ne faisaient que le pousser vers sa maison encore plus vite et le rendre tout à fait sauvage. Quelquefois, après les coups de trique, en voyant ses yeux bleus se foncer de colère, je me disais qu’à la place de M. Klotz j’aurais peur de ce regard-là. Mais ce diable de Klotz n’a peur de rien. Après les coups, la faim ; il a encore inventé la prison, et Gaspard ne sort presque plus. Pourtant, dimanche dernier, comme il