Ouvrir le menu principal

Page:Daudet - La Belle-Nivernaise, 1886.djvu/193

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


La porte était toujours ouverte. Nos gens entrèrent sans frapper ; mais comme l’herbe montait très touffue et très haute, ils eurent quelque peine à découvrir le maître du clos. Ils finirent pourtant par apercevoir, couché sous les figuiers du fond, dans un tourbillon de petits oiseaux et de plantes folles, un paquet de guenilles jaunes qui les accueillit d’un grognement.

— Le Seigneur soit avec toi, Sidi-Lakdar, dit le père en s’inclinant, la main sur la poitrine. Voici mon fils qui veut absolument se faire paresseux. Je te l’amène pour que tu l’examines, et que tu voies s’il a la vocation. Dans ce cas, je te prie de le prendre chez toi comme apprenti. Je paierai ce qu’il faudra.

Sidi-Lakdar, sans répondre, leur fit signe de s’asseoir près de lui, dans l’herbe. Le père s’assit, l’enfant se cou-