Page:Daudet - La Belle-Nivernaise, 1886.djvu/188

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LA FIGUE ET LE PARESSEUX


LÉGENDE ALGÉRIENNE


Dans l’indolente et voluptueuse petite ville de Blidah, quelques années avant l’invasion des Français, vivait un brave Maure qui, du nom de son père, s’appelait Sidi-Lakdar et que les gens de sa ville avaient surnommé le Paresseux.

Vous saurez que les Maures d’Algérie sont les hommes les plus indolents de la terre, ceux de Blidah surtout ; sans doute à cause des parfums d’oranges et de limons doux dont la ville est noyée. Mais en fait de paresse et de nonchaloir, entre tous les Blidiens, pas