Page:Daubié - L'émancipation de la femme, 1871.pdf/50

Cette page a été validée par deux contributeurs.


L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME



QUATRIÈME LIVRAISON


CARRIÈRES PROFESSIONNELLES POUR LES FEMMES


Lorsque les institutrices seront capables, et les méthodes perfectionnées, il faudra encore rendre l’école accessible aux plus petits groupes, et même aux habitations lointaines, en imitant l’Écosse qui, pendant les frimas, envoie les maîtres instruire à domicile jusque dans les fermes isolées. Toutefois ces mesures seraient insuffisantes si l’on ne cherchait à agir sur des parents ignorants, pauvres, indigents ou vicieux qui contraignent souvent à un travail prématuré et excessif des enfants exploités dans les manufactures, les ateliers, ou instruits à la mendicité, au vagabondage et au vol. C’est ce mal qu’il faut s’efforcer de combattre par l’obligation et la gratuité de l’enseignement.

La généralisation de l’instruction, personne n’en doute, est l’essence des sociétés démocratiques. Si l’on n’y dispense à tous l’instruction d’une main libérale, une partie du peuple reste en proie à l’ignorance et aux préjugés ; l’autre, s’estimant supérieure, s’exagère son mérite, prend une fatuité ridicule, rougit du travail manuel et se croit propre à diriger l’État parce qu’elle sait lire et écrire. De là des parvenus, des déclassés, des ignorants, divisés d’o-