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Bétail. — J’ai reçu des rapports de neuf personnes portant sur un nombre de 982 têtes de bétail, chiffre trop faible pour qu’on puisse en tirer aucune conclusion. Ce nombre total comportait 477 mâles et 505 femelles, soit une proportion de 91,4 mâles pour 100 femelles. Le Rév. W. D. Fox m’informe qu’en 1867, un seul veau sur 34, nés dans une ferme du Derbyshire, était mâle. M. Harrison Weir m’écrit que plusieurs éleveurs de porcs, auxquels il a demandé des renseignements à ce sujet, estiment que, chez cet animal, le rapport des naissances mâles, comparativement aux naissances femelles, est comme 7 est à 6. M. Weir, ayant élevé pendant fort longtemps des lapins, a remarqué qu’il naissait un plus grand nombre de mâles que de femelles. Mais ce sont là des renseignements qui n’ont qu’une valeur très-secondaire.

Je n’ai pu recueillir que bien peu de renseignements sur les mammifères à l’état de nature. Ceux qui concernent le rat commun sont contradictoires. M. R. Elliot, de Laighwood, m’informe qu’un preneur de rats lui a assuré qu’il avait toujours trouvé un excès de mâles, même dans les nids de petits. M. Elliot, ayant ensuite examiné lui-même quelques centaines de rats adultes, a constaté que le fait est exact. M. F. Buckland, qui a élevé une grande quantité de rats blancs, admet aussi que le nombre des mâles excède de beaucoup celui des femelles. On dit que chez les taupes, les mâles sont beaucoup plus nombreux que les femelles[1] ; la chasse de ces animaux constituant une occupation spéciale, on peut peut-être se fier à cette assertion. Décrivant une antilope de l’Afrique[2] (Kobus ellipsiprymnus), Sir A. Smith remarque que, dans les troupeaux de cette espèce et d’autres espèces, le nombre des mâles est petit comparativement à celui des femelles ; les indigènes croient qu’ils naissent dans ces proportions, d’autres indigènes disent que les plus jeunes mâles sont expulsés des troupeaux, et Sir A. Smith ajoute que, bien qu’il n’ait jamais lui-même rencontré des bandes composées seulement de jeunes mâles, d’autres assurent qu’ils en ont vu. Il est probable que les jeunes mâles, une fois chassés du troupeau, doivent être exposés à devenir la proie des nombreux animaux féroces qui peuplent le pays.


OISEAUX.


Relativement aux volailles, je n’ai reçu qu’un mémoire de M. Stretch, qui, sur 1,001 poulets d’une race très-soignée de cochinchinois qu’il a élevés pendant huit ans, a obtenu 487 mâles et 514 femelles, soit un rapport de 94,7 à 100. Il est évident que, chez le pigeon domestique, les mâles sont produits en excès, ou qu’ils vivent plus longtemps ; car ces oiseaux s’accouplent, et M. Tegetmeier m’apprend que les mâles isolés coûtent toujours moins cher que les femelles. Ordinairement, les deux oiseaux provenant des deux œufs pondus dans le même nid consistent en un mâle et une femelle ; cependant M. Harrison Weir, qui a élevé beaucoup de pigeons,

    mâles, fait que M. Aitchison et d’autres ont confirmé depuis. C’est ce dernier, ainsi que M. Payan, qui ont bien voulu me communiquer les renseignements les plus circonstanciés sur les moutons.

  1. Bell, History of British Quadrupeds, p. 100.
  2. Illustrations of Zoology of S. Africa, 1849, pl. 29.