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semblable dans la table décennale du Rapport relatif à la population humaine pour 1866.


Chiens. — On a publié pendant une période de douze ans, de 1857 à 1868, dans un journal, le Field, le relevé des naissances d’un grand nombre de lévriers dans toute l’Angleterre, et c’est encore à l’obligeance de M. Tegetmeier que j’en dois un relevé exact. On a enregistré 6,878 naissances, dont 3,605 mâles, et 3,273 femelles, soit un rapport de 110,1 mâles pour 100 femelles. Les plus fortes fluctuations ont eu lieu en 1864, où la proportion a été de 95,3 mâles pour 100 femelles ; et en 1867, où elle s’éleva à 116,3 mâles pour 100 femelles. La première moyenne, de 110,1 mâles pour 100 femelles, est probablement à peu près vraie pour le lévrier ; mais il est quelque peu douteux qu’on puisse l’adopter pour les autres races domestiques. M. Cupples, après avoir questionné plusieurs grands éleveurs de chiens, a conclu que tous, sans exception, admettent que les femelles sont produites en excès ; il attribue cette opinion à ce que, les femelles ayant moins de valeur, le désappointement des éleveurs, qui en est la conséquence, les a plus fortement impressionnés.


Mouton. — Les agriculteurs ne vérifiant le sexe des moutons que plusieurs mois après la naissance, à l’époque où l’on procède à la castration des mâles, les relevés qui suivent ne donnent pas les proportions au moment de la naissance. En outre, plusieurs grands éleveurs d’Écosse, qui élèvent annuellement des milliers de moutons, sont fortement convaincus qu’il périt, dans les deux premières années de la vie, une plus grande proportion d’agneaux mâles que de femelles ; la proportion des mâles serait donc quelque peu plus forte au moment de la naissance qu’à l’âge de la castration. C’est là une coïncidence remarquable avec ce qui se passe chez l’homme, et les deux cas dépendent probablement de quelque cause commune. J’ai reçu des relevés faits par plusieurs propriétaires anglais qui ont élevé des moutons de plaines, surtout des Leicester, pendant les seize dernières années : le nombre des naissances s’élève à un total de 8,965 dont 4,407 mâles et 1,558 femelles ; soit le rapport de 96,7 mâles pour 100 femelles. J’ai reçu sur des moutons cheviot et à face noire produits en Écosse, des relevés faits par six éleveurs dont deux très-importants ; ces relevés s’appliquent surtout aux années 1867-1869, bien que quelques-uns remontent jusqu’à 1862. Le nombre total enregistré se monte à 50,685 moutons, comprenant 25,071 mâles et 25,614 femelles, soit une proportion de 97,9 mâles pour 100 femelles. Si nous réunissons les données des rapports anglais et des rapports écossais, le nombre total s’élève à 59,650 moutons, consistant en 29,478 mâles et 30,172 femelles, soit le rapport de 97,7 mâles pour 100 femelles. À l’âge où l’on châtre les moutons, les femelles sont donc certainement en excès sur les mâles ; mais il n’est pas certain que cela soit le cas au moment de la naissance[1].

  1. Je dois à l’obligeance de M. Cupples les documents relatifs à l’Écosse, ainsi que quelques-unes des données suivantes sur le bétail. M. R. Elliot, de Laighwood, a, le premier, attiré mon attention sur la mort prématurée des