Page:Darien-Dubus - Les Vrais Sous-Offs, Savine.djvu/66

Cette page a été validée par deux contributeurs.


bataillon de chasseurs à pieds de la garde impériale, blessée à Palestro et à Magenta ; Jeanne Bonnemère, du 21e régiment d’infanterie, médaillée en 1870, pour avoir avalé une dépêche au moment où les Prussiens s’emparaient de vous !


Si toutes les femmes de sous-officiers ne sont pas arrivées à votre gloire, du moins donnent-elles dans leur ménage l’exemple de toutes les vertus civiques, qui sont l’apanage de la Française.

Celles-ci, lorsque leurs maris, ayant quitté l’armée, occupent une de ces places accordées si libéralement par l’État à ses anciens serviteurs ; celles-là apportent dans la vie civile l’exemple de toutes les qualités militaires. Elles nous préparent une génération forte et saine, ornement de nos sociétés de gymnastique et de nos orphéons ; et le jour venu, elles n’hésiteraient pas, comme les mères Spartiates, à envoyer leurs fils au combat. Elles leur mettraient elles-mêmes dans la main l’arme vengeresse, en criant, sans pâlir :

— Voilà le sabre de ton père !