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« Ce n’est pas seulement calomnier les gradés de la jeunesse armée, c’est insulter odieusement toute la jeunesse française. »

L’éminent écrivain, à qui nous empruntons ces lignes, a dû se borner, dans un article de journal, à montrer l’exagération cynique des reproches adressés aux mœurs des sous-officiers. Il a montré ce qu’ils ne sont pas, nous allons faire voir ce qu’ils sont.

Qui n’a pas vu, par un radieux matin de printemps, par une belle après-midi d’été, par un beau ciel d’automne clair et rose, le pays et la payse, ce couple légendaire, s’avancer à pas lents, côte à côte, pleins d’affectueux respects mutuels, et chuchotant, avec une passion contenue, des mots d’amour ? — Vision attendrissante que l’un de nos poëtes militaires les plus distingués rendait en ces vers mâles et vigoureux, où il rappelle ses modestes plaisirs hors de la caserne :


Le soir tombait, un soir équivoque d’automne
Les bonnes se pendant rêveuses à nos bras,
Dirent alors des mots si spéciaux, tout bas,
Que notre âme depuis ce temps tremble et s’étonne.