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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/83

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Cruels, qui redoublez l’horreur qui m’environne,
Qu’heureuſement pour vous la force m’abandonne
Mais croyez qu’en mourant mon cœur n’eſt point changé.

Qui voudroit il aſſaſſiner, ce prétendu grand homme ? Tullie l’épouſe la plus vertueuſe & la plus eſtimable, le pere de cette même femme & tout le Sénat.

Caton que vous croyez un pédant a pourtant été trouvé tel que l’hiſtoire nous le peint, un vertueux féroce. Je ne m’amuſerai pas à le juſtifier, je vous ſomme ſeulement de la part du Public de trouver dans ſon rôle un ſeul vers qui ſente le pédant. Quant à Ciceron que vous qualifiez de vil rhéteur, où trouvez vous donc qu’il le ſoit ? Vil rhéteur répond à peu prés à ce qu’on nomme en bon François un bavard ennuyeux. Pouvez vous ignorer cela ? Vôtre goût s’accorde bien mal avec celui de nos critiques qui ſont reconnus pour en avoir beaucoup : ils reprochent à M. de Crebillon, de n’avoir pas au contraire asſés fait parler Cicéron, je ſerois entierement de leur avis, ſi je ne ſavois gré à cet Auteur d’avoir fait faire de grandes choſes au Conſul, au lieu de lui en faire dire, ſur-tout dans le moment qu’il a choiſi pour ſon action. Voilà des aſſaſſinats commis, des avis effrayants reçus, il n’eſt plus queſtion de perorer, l’incendie menace Rome, il faut éteindre les