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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/227

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danſeurs. Il tiendra Régiſtre Journal apparemment de la façon dont chacun aura danſé, & par un acte dépoſé ſcrupuleuſement au Greffe on ſaura que tel jour, Mademoiſelle une telle a danſé un peu trop légerement, que tel autre jour, Monſieur un tel a laiſſé échapper un pas de Menuet un peu trop libidineux, on ſaura que dans tel Bal Mademoiſelle N. a choqué la modeſtie par un port de bras trop tendre, & que Monſieur N. a payé l’amande pour avoir fait connoître par un coup d’œil trop décidé, qu’il avoit pour ſa figurante en ce moment, un ſentiment plus que patriotique. Sur ce rapport toujours intégre apparemment, on accorderoit tous les ans la Couronne à celle des Filles ou celui des Garçons qui ſe trouveroit miraculeuſement exempt d’aucun de ces reproches.

Je ne ſais M. ſi ce Bal modeſte s’établira à Genéve, ſuivant vôtre avis : mais je ſais bien qu’il ne ſera jamais à couvert de l’ennui ni du ridicule.

Voions un peu maintenant quels ſont les plaiſirs que vous réſervez aux gens mariés. Le Caffé, le babil, & la médiſance aux femmes, les cotteries ou les cercles bachiques aux maris. L’Évangile veut formellement que l’homme quitte tout pour s’attacher à ſa femme ; mais vous qui vous croiez fait apparemment pour le corriger & l’interpreter, vous voulez que les hommes ne voient leurs femmes que le moins qu’il leur ſera poſſible : dans le cours de la journée, la femme occupée de