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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/204

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L. H. DANCOURT

ſéveres, & qu’elles ôtent toute reſſource au délinquant. Vous avez donc eu tort de conclure de ce qu’une loi qui n’a pas aſſés prévu pour retrancher l’abus qui l’a fait naître, que toutes les loix aient la même inſuffiſance, & qu’il ne ſoit pas poſſible de faire reſpecter les bienſéances & la Police aux Comédiens, parce que l’on n’a pas ſçû empêcher les Duels. Pour que l’on pût être de vôtre avis il falloit ne pas faire appercevoir ce qui manquoit à la loi de Louis XIV. puisque c’étoit fournir à ceux qui vous liront une réponſe qui coule de ſource. Ce ne ſont pas les mœurs qui ſont cauſe que la loi n’eſt pas exécutée, c’eſt que cette loi eſt mal faite & ne conclut rien contre celles qui le ſeront mieux.

Un ſpectacle & des mœurs, ce ſeroit un ſpectacle à voir. Je vous le donnerois moi, ce ſpectacle là, un grand nombre de mes Camarades auſſi. Il n’eſt pas rare autant que vous croiez : Je l’ai donné ſur le Théatre de Rennes, ſur celui de Strasbourg, je l’ai donné depuis aux Cours de Bayreuth, de Munich, de Vienne & de Berlin, & je le donne aſſurément gratis : le ſeul prix que j’en attens eſt l’eſtime que des ſpectateurs équitables & ſenſés ne peuvent me refuſer. J’ai partagé avec nombre de mes Confrères les témoignages glorieux de l’eſtime, & de la bienveillance de graves Magiſtrats, d’illuſtres Militaires, de Princes, de Princeſſes qui font profeſſion de ne les accorder qu’à des gens dont les mœurs ſont pures & la conduite irréprochable.