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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/190

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L. H. DANCOURT

Les Seigneurs chargés de la Direction des ſpectacles dans les différentes Cours de l’Allemagne aiant mon regiſtre dans les mains ne ſeroient plus expoſés à ſe laiſſer prévenir par de mauvais ſujets qui les obſédent, les conſeillent ſouvent au préjudice de leurs Confreres : on tire ceux ci de leur emploi, on les prive de rôles qui leur feroient honneur : on les dégoûte & l’on regarde comme humeur & mauvaiſe volonté le chagrin qu’ils laisſent paroître à cauſe de la mortification qu’on leur a donnée. Le Directeur ſe prévient ainſi mal à propos contre un bon ſujet qui plairoit s’il étoit à ſa place & qui déplait parce que des Conſeils perfides l’en ont fait tirer.

Ce n’eſt pas offenſer M.M. les Directeurs des ſpectacles des différentes Cours de l’Allemagne, que de dire que la plûpart ne ſont point au fait des uſages théatrals. Ils ſe croient obligés de conſulter un Comédien & le plus honnête homme d’entre eux ne manque jamais d’amour propre ; il eſt donc probable que ſes avis tourneront toujours à ſon avantage particulier & au préjudice de ſes Confreres en général.

Avec mon Répertoire un Directeur peut ſans être au fait du Théatre décider à coup ſûr ſans le ſecours d’aucun Conſeiller, puisque le devoir de chaque ſujet s’y trouve prescrit & que non ſeulement le nom du rôle qu’on doit jouer eſt indiqué, mais encore le nombre de vers que ce rôle contient eſt ſpécifié pour mettre le Directeur eſt état de ju-