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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/187

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les prétextes qui ſemblent autoriſer leur libertinage j’ai eu ſoin de leur ménager un avenir ſi avantageux dans mon Plan qu’on ne pourroit plus s’en prendre qu’à leur mauvaiſe inclination & non pas à l’inquiétude du ſort qu’il doivent prévoir, quand leurs talens ſeront éteints, du libertinage auquel ils pourroient ſe livrer.

Les Comédiens du Roi ſont ceux auxquels j’ai dû équitablement penſer d’abord, j’ai remarqué que ces Meſſieurs pendant les dix premieres années des vingt de ſervice qui leur acquierent la véterance & la penſion, ſont forcés vu la foibleſſe de leurs honnoraires de contracter des dettes qu’ils ont peine à acquitter pendant les dix dernieres années qu’ils ſont au Théatre & qu’il leur en reſte encore à paier ſur la penſion de retraite que ſa Majeſté leur accorde. Ce n’eſt aſſurément pas l’intention de ce grand Roi que ceux qui l’ont ſervi vingt ans & que l’âge prive de cet honneur ne ſoient pas heureux dans leur retraite, afin donc que ceux ci jouiſſent de ſes bontés ſans abuſer de ſa généroſité, voici le moien que j’ai imaginé pour tirer encore parti de leurs talens même dans le tems qu’ils ne les exerceront plus.

On ôtera aux hommes la penſion de cent piſtoles qui leur eſt deſtinée pour la donner aux femmes qui ſeront parvenues à la véterance ; enſorte qu’elles auront deux mille livres de rente dans leur retraite au lieu de mille ſeulement ; & les hommes en dédomage-