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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/181

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de la Bule contre les Comédiens ne ſubſiſtant plus, la peine ne doit plus exiſter non plus. Sublatâ cauſâ tollitur effectus.

Nous ne jouons plus les Miſteres, nous ne joignons point des abominations à des ſpectacles ſacrés, l’objet des ſucceſſeurs des Confreres de la paſſion contre qui l’Égliſe à lancé ſes foudres, étoit moins d’attirer le Peuple pour l’inſtruire & l’édifier que de procurer aux Spectateurs l’occaſion de ſe livrer au plus infâme débordement, & de leur faire paier le plus cher qu’ils pouvoient, les commodités qu’ils procuroient aux crimes.

Aujourd’hui la Police entretient la décence & le reſpect dans ce ſpectacle. Les Auteurs ſoumis à des Cenſeurs irréprochables, & au ſcrupule ſévere du Magiſtrat ne peuvent plus ſe permettre que le langage de la Vertu & le talent d’inſtruire en amuſant. Que des Chefs auſſi reſpectables que le Gouverneur de Paris & les quatre premiers Gentilshommes de la Chambre, chargés de la conduite des ſpectacles du Roi, croient leur gloire intéreſſée à ne commander qu’à des citoiens & non pas à des gens proſcrits ; qu’ils daignent appuier de leur ſollicitation auprès d’un Sénat auſſi éclairé qu’équitable & parmi les principaux membres duquel ils ſont comptés, la Requête des Comédiens d’aujourd’hui pour faire ceſſer la proſcription dont on punit en eux la mémoire de crimes qu’ils n’ont jamais commis & que la Police les empêchera toujours bien de commettre, il eſt facile de préſumer que cet Au-