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vaiſe vie attachés au ſpectacle, comme ſur les autres citoiens dont les mœurs ſont corrompues.

Tout le monde a beſoin de gagner ſa vie, & tout ſujet à qui les regles en retrancheront les moiens, pour le punir de ſa mauvaiſe conduite, que l’on chaſſeroit avec infamie du ſpectacle, deviendroit un exemple qui retiendroit ſes conforts dans leur devoir. Quatre obſtacles, s’oppoſent à l’annobliſſement du ſpectacle & à la pureté des mœurs qui le juſtifieroit.

Premierement le mépris injuſte ſuggeré par des reglemens qui ne devroient plus ſubſiſter & par la prévention & le fanatiſme des Cagots & des hipocrites. Secondement la liberté qu’on laiſſe aux Comédiens, de mener à peu près la vie qu’ils veulent. Troiſiemement le peu d’ordre établi pour les mettre à couvert de la mauvaiſe-foi des Directeurs de ſpectacle, qui leur font ſi ſouvent banqueroute, & les reduiſent à des reſſources honteuſes pour ſubſiſter. Quatriemement le peu d’éducation qu’une bonne partie des gens de Théatre ont reçue.

Des loix très ſimples peuvent remédier à tous ces abus, j’en ai fait l’objet d’un autre ouvrage que celui-ci, & j’en deſtine l’hommage à Nos Seigneurs le Gouverneur de Paris, & les quatre premiers Gentilshommes de la Chambre du Roi, comme prépoſés à la Police & ſpectacles. Les regles que j’établis ſont