Ouvrir le menu principal

Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/162

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


voici le reméde) le ſecret eſt donc d’en avoir toujours le triple de ce qu’il en faut pour ſe battre, afin de ſacrifier les deux autres tiers aux maladies & à la mortalité.

Ce n’eſt donc M. que lorſque les bonnes qualités des femmes peuvent tourner à leur préjudice que vous reconnoiſſez qu’elles en ont qui leur ſont communes avec les hommes, telles que le courage, la bravoure, le dévouement à l’honneur juſqu’à la mort. Du tems de Céſar les féroces Germains penſoient comme vous ſur le compte de leurs femmes, ils les menoient à la guerre avec eux ; ils étoient bien plus ſages alors, qu’aujourd’hui, n’eſt ce pas ? il faut être un Philoſophe de leur eſpece pour ſe rappeller le bon parti qu’on peut tirer des femmes.

Ô hommes, que vous êtes imbéciles, de ne pas prendre la quenouille & le fuſeau, de ne pas vous dorlotter comme on dit, pendant que vos femmes iroient ſe battre pour vous ! L’humanité y répugneroit, me diriez vous ; qu’importe dès que la Philoſophie l’approuve & le conſeille.

Eſt ce là M. une idée ſérieuſe, eſt ce un conſeil que vous donnez de bonne foi ? Qu’il eſt abſurde & cruel ! eſt ce une plaiſanterie ? Qu’elle eſt platte !

Je ne ſais ſi les Dames vous ont aſſés maltraité, pour vous engager à donner aux Rois de pareils avis ſur leur compte : mais je ſais bien que ces avis rendus publics, ne vous