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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/161

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Richelieu, les Louvois, les Turene, les Luxembourg, les Catinat, les Villars, les Maurice n’étoient pas des femmes, & la ſplendeur de la France prouve qu’il faut des hommes à un État Monarchique.

La mémoire de ces grands hommes ſe préſente trop naturellement à l’eſprit pour qu’il m’ait été poſſible d’imaginer d’abord que vous aiez avancé vôtre paradoxe autrement que pour plaiſanter : mais vôtre grande Note m’a déſabuſé, j’y vois que vous parlez ſérieuſement : vous y faites une eſpece d’éloge des femmes, pour encourager les Rois à les faire égorger ; vôtre haine pour les pauvres Dames ſe manifeſte ſi fort, qu’on peut vous appliquer la fable du Renard qui pour ſe défaire du Loup ſon ennemi aſſure au Lion que le meilleur reméde pour le rhumatiſme eſt la peau de cet Animal. Le Loup eſt en conſéquence écorché.

Remettons vôtre Note ſous les yeux du Public.

On me dira qu’il en faut (des hommes) aux Rois pour la guerre ; point du tout au lieu de 30000 mille hommes, ils n’ont qu’à lever cent mille femmes : les femmes ne manquent pas de courage elles préferent l’honneur à la vie : (c’eſt une vérité que par parenthéſe on n’attendoit pas de vous, après avoir dit le contraire tout le plus au long que vous avez pû) : quand elles ſe battent, elles ſe battent bien : l’inconvénient de leur ſexe eſt de ne pouvoir ſoutenir les fatigues de la guerre, & l’intemperie des ſaiſons : (peu de choſe,