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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/146

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Ont tombé ſous les coups de lâches meurtriers.
Ce n’eſt pas l’ennemi, mais ce ſont vos Sicaires,
Qui porterent ſur eux leurs poignards ſanguinaires.
Oui, Seigneur, je ſais tout, & je vous parle inſtruit.
De ce maſſacre affreux quel peut être le fruit ?
Dans vos yeux enflamés, je lis vôtre colere ;
Puiſque de vos ſujets vous me dites le pere,
C’eſt ainſi que mon cœur a dû parler pour eux.
Je prévois mon deſtin, ſans doute il eſt affreux :
Mais en m’applaudiſſant d’une louable audace,
J’attendrai ſans palir le coup qui me menace,
Trop heureux de mourir pour un motif ſi beau.
La gloire me ſuivra juſques dans le tombeau.
Et ce reſte de ſang qui prolonge ma vie,
Coulera ſans regret pour ma chere Patrie.

Térée répond à ces reproches par une tirade hypocrite mais ſi artiſtement écrite que le Spectateur ne peut être ſa duppe quoique Leucaſius doive être perſuadé. Je ferois tort à la Poëſie de Mad. de Tagliazucchi ſi je la touchois d’avantage je ſens combien elle s’altere ſous ma plume, c’eſt ce qui me force à ne pas vous donner un plus long échantillon de ſes talens, dès que l’original paroitra vous me ſçaurez gré de mon ſcrupule, il