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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/133

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fie pas les hommes, nous avons l’orgueil de penſer que nous avons l’Ame naturellement plus élevée que les femmes, & nous nous croions fort au deſſus de leurs foibleſſes : nous prétendons avoir le cœur mieux fait & l’esprit plus ſolide ; c’eſt ce qui nous reſte à prouver. Puisque nous avons de nous une opinion ſi haute, aux dépens des femmes, pour quoi donc avons nous des défauts en plus grand nombre, & bien plus inſupportables que les leurs ? Calculons. Combien d’ivrognes contre une femme ſujette au vin ?

Combien de libertins effrontés & qui font trophée de leurs débauches contre une femme perdue ?

Combien d’hommes brutaux & groſſiers, contre une femme peu meſurée dans ſes actions & dans ſes propos ?

Combien de menteurs & de fourbes, combien de joueurs forcenés, combien d’escrocs & de Chevaliers d’induſtrie ? Combien de filoux, combien de voleurs de grands chemins ? Combien d’aſſaſſins, combien de monſtres parmi les hommes, contre une femme à pendre ? Ce catalogue ne fait il pas fremir ? Oſeriez vous dire que les femmes ont les vices ci-deſſus détaillés au point au quel les hommes en ſont entichés.

Vous en conviendrez ſi vous voulez ; mais il n’en ſera pas moins vrai que les femmes ſont plus vertueuſes, plus attentives aux devoirs de la Religion & de la ſociété, plus