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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/113

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tamene. Elles veulent ſe diſtinguer par un langage affecté, des femmes de leur état, nées Bourgeoiſes, elles ne veulent d’autres ſociétés que celles des gens de Cour : tout cela pour être ridicule, n’en eſt pas moins vicieux, & c’eſt l’orgueil impertinent des Bourgeoiſes qui ſe donnent des airs de qualité, autant que la fatuité du jargon des beaux esprits femelles de ſon tems, que Moliére a joué avec tant de ſuccès dans ſa Piéce.

N’eſt-ce donc qu’un ridicule qu’il a joué dans l’Avare ? je crois que vous conviendrez que c’eſt un Vice & un Vice ſi bien joué que vous étiez faché tantôt qu’on l’eut joué ſi cruellement.

N’eſt ce qu’un ridicule que le Tartuffe ? Il n’y aura que les Jeſuittes du Paraguai qui ne trouvent pas un vicieux dans ce perſonnage : mais les honnêtes gens vous diront que le Tartuffe eſt pour eux un homme déteſtable & non pas un ridicule & qu’ils ſont ravis que Moliére ait démasqué ſi bien les hypocrites & que ſa conſtance ait triomphé des obſtacles que leur malignité oppoſoit à la représentation de cette Piéce.

Le Menteur, le Joueur, le Glorieux, l’Ingrat, le Flatteur, le Prodigue, le Méchant ſont aſſurément des vicieux & non pas des ridicules ; s’ils font rire quelque fois, ils indignent encore plus ſouvent ; permis à vous ſeul de ne les trouver que plaiſans ; vous avez un goût privilégié.

Revenons au Miſantrope. Vous trouvez d’a-