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Page:Dancourt - À Mr. J. J. Rousseau, 1759.djvu/108

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tes pour mépriſer tout ce qui n’eſt pas noble, qui tappis dans leurs Chaumieres oublient que leurs égaux & leurs Supérieurs ſont logés ſous la Toile en raſe campagne prets à répandre leur ſang pour l’État avant qu’on ait publié l’arriere-ban ; au lieu que nos Hobereaux l’attendent, pour ſe ſouvenir de ce qu’ils doivent à la mémoire de leurs ancêtres, à leur Prince & à la Patrie. Ce ſont ces Égrefins inſolens qui vivent ordinairement du bout de leur fuſil & qui ſe croient en droit de battre & d’inſulter les Païſans, parce qu’ils ont celui de tuer excluſivement un Liévre, que Moliére a voulu jouër ; demandez à tous ces braves Cadets que la gloire retient dans les Armées, s’ils ſe reconnoiſſent dans Sotenville & quel cas ils font eux mêmes d’en Gentils hommes qui reſſemblent à ce Perſonnage. Moliére a dont bien fait de jouer les Sotenville. Le Peuple & la Nobleſſe ne peuvent que lui en ſavoir gré. Ce n’eſt pas d’être ſur leurs terres qu’il les reprend ; c’eſt d’y être fainéans, orgeuilleux, inſolens, & ridicules. Il ne convient point à des gens que le Prince & l’État ont nommés leurs defenſeurs, de ne pas remplir ce titre, & de vouloir en conſerver les honneurs & les privileges. Un ſimple Soldat eſt ſans contredit infiniment plus respectable qu’eux.

Vos reproches M. ne ſont pas mieux fondés contre Harpagon, que contre George Dandin & le Bourgeois Gentilhomme. Quelle rage avez vous d’être toujours du mauvais parti !