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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/77

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communication encourue par le seul fait quiconque empêchera, d’une manière active, par parole ou par conseil, ou par tout autre moyen injuste, un vicaire apostolique d’entrer dans sa mission. Ils parurent épouvantés quand on leur cita ce décret : cela prouve qu’ils ont la foi. La constance inébranlable qu’ils ont montrée jusqu’à ce jour à professer notre sainte religion, en est d’ailleurs une preuve sans réplique. Pour remplir la promesse qu’ils avaient donnée de répondre d’une manière précise sur mon admission, ils m’envoyèrent la lettre suivante :


« Les pécheurs Augustin et autres, saluant avec crainte pour la seconde fois, écrivent cette lettre au trône de l’évêque :

« Nous pécheurs, entièrement dignes, à cause de nos péchés et de notre méchanceté, d’être frappés d’excommunication, depuis trente ans nous n’avions eu aucun missionnaire ; nous attendions avec plaisir l’arrivée d’un prêtre, de même qu’un enfant soupire après sa mère. Voilà que tout à coup, contre notre attente, nous avons obtenu ce grand bienfait du suprême Seigneur. L’année dernière un pasteur est venu jusqu’à nous, et a franchi la frontière sans danger. Cette année-ci nous avons encore obtenu un nouveau bienfait : Monseigneur s’est solennellement et courageusement engagé à venir en Corée pour sauver ses brebis, et ne point rendre inutile le prix du sang de Jésus-Christ répandu pour nous. Nous rendons de grandes actions de grâces à Dieu pour un si grand bienfait, à la sainte Vierge et à tous les saints du paradis. Nous remercions encore l’Empereur de la religion (le Souverain Pontife) et l’évêque (de Capse). Nous rendons aussi des actions de grâces à maître Ouang (Joseph), qui ne craint ni les dangers de la mort ni les travaux de la vie, voulant uniquement pour nous épuiser toutes ses forces, courir et travailler. Nous ne pouvons concevoir comment de si grands pécheurs tels que nous sommes avons obtenu de semblables bienfaits ; émus et attendris, nous versons des torrents de larmes.

« Une des raisons pour lesquelles nous ne sommes point venus l’année dernière recevoir l’évêque, est celle-ci : nous étions dans la persuasion que Monseigneur, différant beaucoup des Chinois par la forme et le visage, ferait certainement naître des soupçons à ceux qui ne le connaîtraient pas, et pourrait être cause indirectement de quelque fâcheux événement en Corée. C’est ce qui nous a engagés à inviter Monseigneur à venir en Corée sur un grand navire, et à aller aborder près de la ville capitale, disant publiquement : « Je suis de telle nation, né en tel endroit ; je suis venu