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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/74

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envoie. Nous pécheurs, nous sommes véritablement incapables de décider s’il est expédient qu’il entre ou non ; mais, outre notre avis, fruit d’un génie borné, nous sommes obligés de faire connaître à Son Excellence une ou deux circonstances, pour la mettre à même de voir s’il lui est expédient d’entrer ou de rétrograder. Le grand maître, ayant un visage et une couleur tout à fait différents de ceux des Coréens, ne pourra point entrer secrètement. Sa forme et son langage le trahiront facilement au milieu de la foule, dans la supposition même qu’il puisse entrer et prêcher la religion. Enfin il sera exposé au danger d’être reconnu. Voilà ce qui nous met dans de grandes angoisses…

« Nous n’osons pas vous forcer à venir à nous, ni chercher des prétextes pour nous dispenser de vous recevoir, dans la crainte de nous priver du plus grand bienfait de l’Église. Nous ne savons quelles actions de grâces rendre au grand maître pour sa grande charité, son zèle, ses chagrins, ses peines et ses travaux. Outre cela, nous le prions de voir ou d’imaginer un moyen quelconque pour éclairer notre cécité. Alors nous serons au comble du bonheur, et nous ne pourrons jamais vous en rendre d’assez grandes actions de grâces. Cependant nous prions Dieu de combler le grand maître de toute espèce de félicités. »


« Cette lettre est pour le moins aussi mauvaise que celle de l’année dernière, elle manifeste clairement le désir de me voir revenir dans le lieu d’où je suis parti. Ils me font entendre qu’en prenant cette détermination, je les tirerai d’un grand embarras. Ils ont trouvé, à ce qu’ils pensent, un excellent expédient pour se passer de moi. Ils n’osent pas me l’exposer eux-mêmes, de crainte de me faire de la peine, mais ils parlent plus ouvertement à Mgr de Nanking. Voici la lettre où ils exposent leur projet :


« Sébastien et les autres, pécheurs, donnent cette nouvelle :

« L’année dernière nous n’avons point envoyé de salutation, faute d’occasion. Prosternés à vos pieds, nous désirons avec toute la sincérité possible que notre grand seigneur (Mgr de Nanking) jouisse de toutes les félicités, et que tous les prêtres de l’église de Péking prêchent la religion avec un continuel succès, et qu’ils se portent toujours bien, par une spéciale faveur du suprême Seigneur du ciel. Notre propre prêtre est venu parmi nous annoncer