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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/72

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en Corée, il est Européen. — Qui es-tu, pour te mêler de cette affaire ? reprit Joseph d’un ton sévère et fronçant les sourcils ; retire-toi, tu n’as rien à faire ici. » Cela dit, on reprit les conférences. « Combien y a-t-il de chrétiens en Corée ? — Il y en a plusieurs milliers, mais nous n’en connaissons pas exactement le nombre. — Sont-ils réunis ou dispersés ? — Les uns sont dispersés, les autres sont réunis. Il y a un bon nombre de villages entièrement chrétiens. — Avez-vous, parmi vos compatriotes, des personnes consacrées à Dieu ? — Parmi les personnes du sexe, il y a beaucoup de vierges qui ont fait vœu de continence ; parmi les hommes, il y en a moins. — Pourrait-on trouver quelques jeunes gens propres à l’état ecclésiastique ? — On en trouvera, mais le nombre n’en sera pas considérable. — Avez-vous des oratoires ? — Non, les chrétiens prient en famille ; il y a des catéchistes pour instruire les fidèles et les catéchumènes, et quelques vierges qui tiennent des écoles pour l’instruction des jeunes personnes de leur sexe. — Avez-vous les corps de ceux de vos frères qui sont morts pour la foi ? — Nous en avons quelques-uns. — Quelle est aujourd’hui la disposition du gouvernement à l’égard des chrétiens ? — Le gouvernement paraît mieux disposé maintenant qu’il ne l’était autrefois. — Le P. Pacifique parle-t-il bien coréen ? — Non, il n’entend les confessions que par écrit. — Combien y a-t-il de personnes qui sont instruites de l’arrivée du vicaire apostolique et du P. Pacifique ? — Il y a deux cents personnes qui savent que le P. Pacifique est entré, c’est-à-dire, les personnes qui se sont confessées. Six chrétiens seulement, qui sont les chefs de la chrétienté, savent qu’ils ont un évêque ; sur ces six, quatre opinent fortement pour son introduction, et deux paraissent être d’un avis contraire. »

« Le parti qui est pour l’évêque se compose d’un homme de lettres, d’un soldat, d’un pauvre paysan et d’une religieuse (il paraît que cette vierge a de l’influence). Charles, c’est-à-dire le soldat, pense que le P. Pacifique quittera bientôt la Corée. Il suit de cet exposé que, sur trente ou quarante mille chrétiens, six seulement savent que j’existe ; et sur ces six, quatre sont pour moi : ainsi toutes mes espérances reposent sur les bonnes dispositions de trois ou quatre individus. Le même Charles dit à Joseph que l’on me préparerait un domicile dans la partie sud-est de la Corée, non loin du Japon.


« Le 26 janvier, Joseph revint de Péking ; il me fit part du