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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/70

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à la troisième lune ; la seconde, à la neuvième lune ; et la troisième, à la onzième lune. Ces foires se tiennent en deçà de la porte chinoise ; les deux nations peuvent s’y rendre, et trafiquer librement pendant quelques jours. Il y a encore quelques autres foires, mais le nombre et l’époque n’en sont pas fixés ; elles ne s’ouvrent que sur la demande du roi de Corée, agréée parle gouvernement chinois. »

« Joseph ayant passé par Péking à son retour, à l’entrée de la ville on lui vola le peu de hardes qu’il apportait. Le 17, je le renvoyai à Péking. Le courrier qui avait accompagné le P. Pacifique jusqu’aux frontières, m’assura que les Coréens viendraient très-probablement à la neuvième lune, et non point à la onzième. Cette nouvelle et d’autres raisons m’engagèrent à hâter mon départ pour Sivang en Tartarie : là, j’étais plus près de Péking, et plus à même de traiter avec les Coréens.

« Le 22, je me séparai de Mgr du Chang-si et du révérend P. Alphonse, dont j’avais reçu des preuves signalées de charité et de bienveillance. Ce prélat voulait emprunter une somme considérable pour me la donner ; je n’eus garde d’accepter une offre si généreuse, de crainte d’augmenter encore l’état de gêne où il se trouvait. Je lui dis seulement : « Quand je serai dans la nécessité, j’aurai recours à Votre Grandeur. » Cette occasion s’est bientôt présentée, et le digne prélat a tenu sa promesse. Autant mes précédents voyages avaient été pénibles et fatigants, autant celui-ci fut agréable et facile. Je rencontrai sur ma route quelques chrétiens ; ces bonnes gens firent un effort de charité, ils me donnèrent plus que je ne dépensai dans le trajet. Le 7 octobre, nous arrivâmes à la grande muraille, tant vantée par ceux qui ne la connaissent pas, et décrite avec tant d’emphase par ceux qui ne l’ont jamais vue. Ce mur et les autres merveilles de Chine ne doivent être vus qu’en peinture, pour que leur réputation reste intacte…

« Le 8 octobre, j’arrivai à Sivang, en Tartarie, où je trouvai M. Maubant, que je n’avais pas vu depuis mon départ du Fokien. Sivang est un village assez considérable et presque tout chrétien. Les néophytes de Sivang sont pieux, ils aiment les prêtres, ils paraissent nous voir avec plaisir… Le 13 novembre, Joseph arriva de Péking sans avoir rien fait. C’était la quatrième ambassade coréenne qui était envoyée depuis le départ du P. Pacifique ; aucun chrétien de cette nation n’avait paru.

« Le 9 janvier 1835, je fus encore obligé d’envoyer Joseph à Péking pour traiter avec les Coréens qui devaient arriver avec