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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/66

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femmes ont été mises en liberté, les hommes ont été condamnés à mort ; mais le jeune roi, persuadé que la religion chrétienne ne nuit point à la sûreté des États, leur a fait grâce. Ils étaient encore en prison, quand les Coréens sont venus recevoir le P. Pacifique. À cette époque, il n’y avait que vingt-quatre d’entre eux qui sussent qu’ils avaient un missionnaire ; probablement il y en avait encore moins qui eussent appris qu’ils avaient un évêque. Il y a 40,000 chrétiens en Corée. »

« Tel fut le rapport du courrier qui avait conduit le P. Pacifique sur les frontières : il avait parlé aux Coréens eux-mêmes. Cependant le nombre de chrétiens désigné me paraît fort exagéré. Les Coréens qui sont venus cette année ont dit qu’il y en a plusieurs dizaines de mille, ou, pour le moins, plus de vingt mille. Mais, quand je leur ai fait demander si les catéchistes connaissaient à peu près le nombre des chrétiens qui étaient dans leurs districts, ils ont répondu négativement. Ainsi il n’y a rien de certain sur ce point. Le jeune prince qui paraissait favorablement disposé pour le christianisme, est mort ; on en a nommé un second, qui est mort aussi. L’empereur de Chine vient d’en faire inaugurer un troisième ; on dit que c’est un enfant : cela n’est pas de bon augure pour la mission. Sous un roi mineur, il faut nommer des tuteurs, établir une régence ; mais une malheureuse expérience a prouvé que le temps des régences est une époque désastreuse pour les néophytes.

« Par ce même courrier, j’appris les aventures de M. Chastan. Quand je partis pour la Corée, ce cher confrère, missionnaire de Siam, voulait me suivre ; je lui fis entendre qu’il n’était pas prudent de s’exposer deux à la fois, sans trop savoir si même un seul pourrait réussir. Je lui promis de l’appeler quand cette mission donnerait des espérances certaines. M. Umpières, qui ne doutait point de la réussite, trouva à propos de le faire venir à Macao. Il lui écrivit et à moi aussi. Quand je fus dans le Ché-ly, j’entrevis les difficultés insurmontables qui allaient s’opposera mon voyage. J’écrivis à M. Maubant, que je croyais, d’après toutes les apparences, à Nanking, de s’arrêter dans cette province, ou bien de tenter un passage au Léao-tong par mer. J’écrivis aussi à M. Chastan par la même occasion, le priant de rester à Pinang s’il était encore dans cette mission, ou de s’arrêter à Macao s’il était déjà arrivé dans cette ville, jusqu’à nouvel ordre. Le bon Dieu ne permit pas qu’aucune de ces lettres parvînt à son adresse. Peut-être la divine Providence a-t-elle voulu que M. Chastan allât exercer le saint ministère dans une province de Chine qui