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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/585

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« Un grand nombre de canons, plus de dix mille fusils, des munitions de toute sorte ont été trouvés dans d’immenses magasins, et démontrent l’importance de la place de Kang-hoa, au point de vue de la défense de la capitale de la Corée. Le contre-amiral Roze a fait inventorier avec soin les magasins, dont il a pris possession au nom de l’État, et qui contenaient également dix-huit caisses remplies de lingots d’argent et des archives officielles.

« Une proclamation adressée aux habitants leur a fait connaître le but que l’amiral s’était proposé en venant châtier le gouvernement coréen, et leur a assuré la protection la plus complète.

« Le blocus du fleuve de Séoul, qui a été notifié aux consuls des puissances européennes en Chine, et la prise de Kang-hoa, devaient produire une profonde impression sur le gouvernement coréen. En effet, la ville de Kang-hoa étant, comme on vient de le rappeler, située à l’embouchure du fleuve de Séoul, commande ainsi la principale voie que le commerce de la capitale est obligé de prendre, particulièrement pour assurer ses approvisionnements de riz. Aussi, dès le 19, le contre-amiral Roze recevait une lettre du roi, à laquelle il s’est empressé de répondre, en faisant connaître les satisfactions qu’il réclame au nom du gouvernement de l’empereur.

« La dépêche qui renferme ces détails est datée du 22 octobre ; à cette date, le contre-amiral Roze était encore dans la ville de Kang-hoa, où il attendait les interprètes (chinois) qu’il avait fait demander à notre consul de Chang-haï. »

Le Moniteur du 7 janvier 1867 publiait d’autres dépêches en date du 17 novembre 1866.

« Le contre-amiral Roze ayant voulu s’assurer de l’état du pays, un détachement, commandé par le capitaine de vaisseau Ollivier, sortit de Kang-hoa et rencontra, à quelques kilomètres de la ville, des Coréens en grand nombre, retranchés dans une pagode fortifiée ; l’ennemi, qui avait d’abord fait une sortie, fut repoussé et se hâta de rentrer dans ses retranchements en abandonnant ses morts. Après une fusillade très-vive, dans laquelle nous n’avons eu aucun homme tué, mais qui malheureusement nous a coûté quelque blessés, la colonne rentra le soir même à Kang-hoa.

« Quelques jours après, le contre-amiral Roze, voyant que le gouvernement coréen ne donnait pas suite aux ouvertures auxquelles il avait dû croire en recevant une lettre du roi, se décida à quitter Kang-hoa ; les approches de l’hiver se faisaient d’ailleurs déjà sentir, et il était à craindre que toute navigation de la