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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/502

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gouvernement, approuva par une lettre publique la conduite du magistrat subalterne et ordonna d’employer les supplices ; mais en même temps, dans un billet particulier, il dit au mandarin qu’il était un sot, et lui défendit de poursuivre l’affaire. Le mandarin, bien embarrassé, essaya à plusieurs reprises d’ébranler les confesseurs par des menaces. N’en pouvant venir à bout, il ordonna sous main de laisser ouverte la porte de la prison. Mais ils se gardèrent bien de fuir, malgré les instigations des geôliers. Le mandarin envoya le chef des satellites leur dire de sa part qu’ils étaient libres de se retirer chez eux. Ils feignirent de croire que c’était un mensonge et répondirent : « C’est par l’ordre du mandarin que nous avons été incarcérés : il nous est impossible de sortir sans son ordre, c’est à lui seul qu’il appartient de nous délivrer. » Toute la ville connaissait ces détails et riait de l’embarras du magistrat qui, à la fin, tout honteux, envoya un ordre de mise en liberté, bien en règle, signé de sa main et muni de son sceau. Sans doute ces néophytes ne seront pas à l’abri de nouvelles misères, mais leur fermeté est pour nous une grande consolation. »

De son côté, Mgr Berneux écrivait, en novembre 1863 : « Nous faisons des progrès ; Dieu nous bénit plus que jamais. Partout on se remue, on veut connaître notre religion, on lit nos livres, et les conversions se multiplient. Les hautes classes n’ont plus autant de mépris pour ceux qui embrassent le christianisme ; on s’attend à ce qu’il soit prochainement autorisé comme il l’est en Chine. Le district le plus remarquable pour les conversions est celui de Mgr Daveluy, où nous avons eu deux cent trente adultes baptisés. Vient ensuite le mien, où j’ai baptisé deux cent trois personnes. La capitale m’en donne chaque année une centaine. Depuis quelque temps les provinces du Nord, qui jusqu’ici avaient peu ou point de chrétiens, s’ouvrent à l’Évangile. Il n’en restait plus qu’une où le bon Dieu n’eût pas d’adorateurs, quand, au mois de mai dernier, sans que j’eusse reçu à l’avance aucune nouvelle, huit hommes de cette province éloignée m’arrivèrent à la capitale, ayant bien appris les prières et le catéchisme ; je leur ai donné le baptême. Ils travaillent maintenant à convertir leurs voisins.

« La province de Hoang-haï qui, depuis sept à huit ans, n’avait que quelques femmes chrétiennes, et dans une seule ville, s’est remuée plus que toutes les autres ; une quarantaine d’individus presque tous hommes très-remarquables par leurs talents ou leur position, ont été baptisés. Il y reste encore une centaine