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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/432

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il ne leur a été donné de contempler la majesté de nos cérémonies, et ils sont inconsolables de n’avoir pu assister à la seule de ce genre peut-être qui aura lieu de leur vivant.

« Aujourd’hui tout est fini, mais, s’il ne s’agissait pas de moi, ce serait une grande consolation de penser à la marche progressive de la religion dans ce pays. Ici aussi, la consécration épiscopale s’est donnée, la hiérarchie s’établit selon les règles habituelles de l’Église. N’est-ce pas un progrès réel ? un acte de la plus grande conséquence pour l’avenir ? Oui, cette terre fécondée par le sang de tant de martyrs portera ses fruits ; oui, j’ose compter sur la protection de tant de vaillants athlètes, dont les têtes tombées sous le sabre servent de fondation à la sainte Église de Dieu dans ce pays. Terre des martyrs, la Corée deviendra chrétienne, je n’en doute pas, et c’est ce qui me console au milieu de l’accablement où je suis. Les événements se pressent, et tous semblent nous annoncer une ère de développement rapide. Dès le lendemain de mon sacre, notre chère mission pouvait contempler son nombreux clergé — l’expression est devenue juste — réuni en synode, selon l’esprit de l’Église, pour régler ce qui peut concourir à l’avancement de la religion. Pressés par les circonstances, nous ne consacrâmes que trois jours à cette heureuse réunion, où furent arrêtées plus clairement nos règles de conduite et le plan des opérations que semblent nous permettre les circonstances. La discipline est raffermie, les esprits tendent plus facilement vers le même but, et surtout l’union de charité entre nous se resserre admirablement. Quelles actions de grâces ne devons-nous pas rendre à Dieu ? »

Ce premier synode était à peine terminé et les missionnaires étaient encore réunis, quand l’arrivée inattendue de M. Féron, nouveau confrère que tous croyaient encore pour longtemps en Chine, vint mettre le comble à leur joie. Voici les détails donnés par M. Féron lui-même dans une lettre à ses parents :

« Quelque inexpérimenté que l’on soit en fait de voyages, avec la protection du bon Dieu, on se tire d’affaire assez aisément. Or cette protection divine a été bien plus sensible que je n’osais l’espérer moi-même. Mon arrivée si heureuse en Corée est un vrai miracle. En effet, pendant que je partais de Chang-haï, Monseigneur le Vicaire apostolique écrivait à notre procureur et à moi qu’il ne pourrait pas envoyer de barque à notre rencontre, et qu’il me faudrait, en conséquence, retourner à Hong-kong pour deux ans. Les communications ordinaires étant interrompues dans le nord, par les glaces, la lettre de Sa Grandeur dut attendre, plus