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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/24

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gain pour lui, sans être une perte sensible pour les autres missions. On aurait encore la satisfaction d’avoir tout tenté, et on n’aurait rien à se reprocher.

« Mais quel sera le prêtre qui voudra se charger de cette périlleuse entreprise ? — votre serviteur. Quelque désir qu’ait Mgr de Sozopolis de voir un grand nombre de missionnaires dans son vicariat, il fera avec joie le sacrifice d’un de ses prêtres en faveur des malheureux Coréens. J’en ai déjà parlé à Sa Grandeur ; elle a manifesté le désir que je vous en écrivisse. Elle a lu ma lettre, et est résolue à tout, si le Saint-Père approuve ma demande. Car je ne dois pas vous laisser ignorer que j’ai écrit à Rome à ce sujet, pour ce qui me concerne seulement, sans faire aucune mention de la décision que vous semblez avoir prise.

« Je ne vois pas que ma destination présente doive faire rejeter ma proposition. Monseigneur a reçu du Souverain Pontife des brefs qui l’autorisent à se choisir un coadjuteur sous le titre d’évêque de Capse, et m’a donné à entendre qu’il avait des vues sur moi, quoique j’espère qu’il n’en sera rien. Mais je suppose que, malgré toutes les raisons que je puisse apporter, Monseigneur exige que je donne mon consentement, je ne vois pas quel obstacle cette nomination pourrait apporter à mon projet. Un évêque n’est ni moins robuste, ni moins apte aux fonctions du saint Ministère ; il n’a au contraire que plus de grâces et un pouvoir plus étendu pour faire le bien. Il est possible que le missionnaire envoyé dans ces contrées éloignées, ne puisse de longtemps avoir des communications avec l’Europe, et se trouve très-souvent fort embarrassé s’il n’est que simple prêtre ; mais s’il est évêque, il peut, quoique seul, lever bien des difficultés, il peut ordonner prêtres de pieux néophytes, après s’être assuré de leurs talents et de leur piété, en attendant que la divine Providence donne la facilité de former un établissement durable pour élever de jeunes ecclésiastiques. L’exemple d’une translation d’un évêque d’une mission dans une autre n’est pas rare. Je vous prie donc instamment d’appuyer de tout votre crédit ma proposition auprès du Saint-Siège. Monseigneur connaît mes intentions et les approuve. Si le temps le permet il se propose d’en écrire lui-même à la Sacrée Congrégation.

« Je finis en vous rappelant les paroles de saint Vincent de Paul : « Or sus, mesdames, la compassion et la charité vous ont fait adopter ces petites créatures pour vos enfants, vous avez été leurs mères selon la grâce depuis que leurs mères selon la nature les ont abandonnées ; voyez maintenant si vous