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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/237

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et méritèrent ainsi du Dieu de miséricorde la couronne qu’il ne refusa pas au repentir de saint Pierre.

Du nombre de ces derniers fut Jacques T’soi qui, d’abord apostat, avait été relâché, comme nous l’avons vu. Repris à la neuvième lune, quand on poursuivait son père Philippe, il sut, cette fois, demeurer ferme jusqu’à la fin, et fut étranglé dans la prison, à l’âge de quarante-six ans.

Quelques jours après, mourut la vierge Agathe Ni, âgée de dix-sept ans, fille du martyr Augustin Ni, qui avait été renvoyée du tribunal des crimes à la prison des voleurs, par le ministre Tsio Tieng-hien-i, sous prétexte de son jeune âge. Elle fut admirable de patience et de fermeté, supporta longtemps la faim et la soif, fut attaquée de la peste, et, quoique seule entre les mains d’infâmes geôliers, sut, avec l’aide de Dieu, faire respecter sa pudeur. Le martyre de son père et de sa mère était pour elle un puissant encouragement. Outre d’autres supplices, elle reçut plus de trois cents coups de verges et quatre-vingt-dix coups de gros bâton. Onze mois de prison mûrirent pour le ciel cette âme innocente ; elle fut étranglée le 5 de la douzième lune.

Agathe eut pour compagne de son triomphe Thérèse Kim, fille d’André Kim, martyr à Tai-kou en 1816. Mariée à Joseph Son Ien-ouk-i, Thérèse avait vu son mari mourir pour la foi dans la prison de Hai-mi ; elle continua dans sa viduité de donner les plus beaux exemples de vertu. Non contente des privations auxquelles l’exposait tous les jours son extrême pauvreté, elle jeûnait régulièrement trois fois la semaine et consentit, avec une rare humilité, à aller remplir auprès des missionnaires les humbles fonctions de servante. Elle faisait encore partie de la maison de l’évêque, quand éclata la persécution de 1839, elle ne voulut pas s’enfuir au moment du danger et fut saisie avec tous les autres. Ferme dans les supplices et au milieu des souffrances de toute espèce, elle fut mise six fois à la question, reçut deux cent quatre-vingts coups de verges, et, après sept mois de prison, fut étranglée à l’âge de quarante-quatre ans.

Le lendemain, 6 de la douzième lune, Madeleine Ni, mère de Kim Koun-ho, termina aussi, par le supplice de la strangulation, une longue vie d’épreuves. Mariée à la capitale, à l’âge de dix-neuf ans, elle y fut instruite de la religion, et essaya de convertir son mari et sa belle-mère. Il lui semblait qu’elle était écoutée, et un jour qu’elle insistait plus vivement auprès de sa belle-mère pour lui faire abandonner le culte des démons et détruire tout ce qui servait à les honorer, celle-ci, ébranlée un moment, y consentit.