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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 2.djvu/215

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CHAPITRE IV.

Suite de la persécution. — Proclamation royale. — Les martyrs de la province de Tsien-la.


Dans la province de Tsien-la, la persécution avait été inaugurée, comme nous lavons vu, dès la quatrième lune, par le martyre des cinq confesseurs, qui avaient attendu près de treize ans l’exécution de leur sentence. Pendant les mois suivants, les arrestations se multiplièrent, surtout dans les districts de Kosan, Keum-san, Iong-tam et Koang-tsiou. Une multitude de chrétiens furent entassés dans les prisons de T’sien-tsiou, capitale de la province, et quoiqu’un grand nombre d’entre eux aient eu la faiblesse de racheter leur vie par l’apostasie, là encore nous avons la consolation de compter plusieurs martyrs.

Les premières victimes immolées cet automne furent cinq chrétiens d’abord apostats, mais qui, bientôt, se repentirent de leur faiblesse et signèrent leur rétractation de leur sang. Voici en quelques mots l’histoire de chacun d’eux. Les deux frères Jean et Ignace Sin descendaient d’une famille noble d’An-tong, qui était venue s’établir au district de Ko-san. Arrêté une première fois, lors de la persécution de 1827, Jean avait subi cinq ans d’exil. Il fut repris à la cinquième lune de 1839, et son frère Ignace deux mois après. Pierre Nim, originalité de Nampo, converti par des chrétiens chez lesquels il était venu demeurer, s’était marié à une femme chrétienne, et avait toujours été très-exact dans l’accomplissement de ses devoirs. Il vivait au district de Tsin-san quand éclata la persécution, et fut pris le 6 de la septième lune. Paul Pak Tsioun-hoa, d’une famille du peuple au district de Tek-san, était l’aîné de neuf frères qui tous pratiquaient la religion avec beaucoup de ferveur. Trouvant que, dans leur pays, il leur était très-difficile d’éviter toute participation aux cérémonies superstitieuses des païens, ils émigrèrent ensemble au district de Siou-t’sien, chez un chrétien qui tenait une fabrique de poteries. Paul s’y fit remarquer par sa charité envers les nécessiteux, son dévouement envers ses parents, et son assiduité à instruire ses frères et les autres personnes de sa famille. Chassé de là par la persécution de 1839, il se réfugia dans une autre poterie au district de Ko-san, où bientôt, à la huitième lune, il fut