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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/575

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CHAPITRE V.

Persécution de 1827 : les confesseurs de Tai-kou et Tan-iang. — Martyre de Paul Kim Ho-ien-i. — Martyre de Pierre Hoang. — Résumé.


Pendant plus de deux mois, la persécution, quoique très-violente dans la province de Tsien-la, était restée, pour ainsi dire, concentrée dans cette province. Toutes les autres parties de la chrétienté avaient été en paix, jusqu’au 22 de la quatrième lune de cette année. À cette époque, comme nous l’avons vu, les satellites de Tsien-tsiou franchirent les barrières du Kieng-siang, et se saisirent de Pierre Sin, dans le district de Siang-tsiou. Deux jours après, d’autres satellites étaient envoyés dans le même district, au village d’Aing-mou-tang, pour arrêter d’autres chrétiens dénoncés. Mais déjà le bruit de l’emprisonnement de Pierre Sin s’était répandu et tous les chrétiens avaient pris la fuite ; de sorte qu’on n’en put saisir aucun ce jour-là. Nous ne savons pas au juste comment les choses se passèrent alors à Siang-tsiou, mais la suite des faits semble indiquer que le mandarin civil et le mandarin criminel de cette ville, ainsi prévenus officiellement de l’existence des chrétiens dans leur district, et excités sans doute par les hauts faits de leurs collègues de la province de Tsien-la, voulurent aussi se donner le mérite de tourmenter les disciples de Jésus-Christ.

Quoi qu’il en soit, vers la fin de la quatrième lune, cinq ou six grands villages chrétiens du district de Siang-tsiou furent subitement envahis par leurs satellites. Les plus alertes ou les plus adroits des néophytes trouvèrent leur salut dans la fuite, tandis qu’un bon nombre, saisis à domicile ou sur les routes, furent jetés dans les prisons de Siang-tsiou. Ici encore nous avons à déplorer de nombreuses apostasies ; néanmoins la religion trouva quelques courageux défenseurs et d’éloquents apologistes.

Le premier est Paul Pak Kieng-hoa, nommé aussi To-hang-i. Descendant d’une famille de la noblesse inférieure du district de Hong-tsiou, il jouissait d’une assez belle fortune, et vivait entouré de l’estime de ses concitoyens, lorsqu’il embrassa la religion, vers l’année 1792. Il avait alors trente-trois ans. Bientôt après, n’étant encore que catéchumène, pendant la persécution de 1794, il eut la faiblesse d’obtenir sa délivrance par une parole d’apos-