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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/440

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CHAPITRE V.

Proclamation royale au sujet de la religion chrétienne. — Dernières exécutions. — Résumé.


À l’occasion des procès moitié politiques, moitié religieux, d’Augustin Mou et d’Alexandre Hoang, les ennemis de la religion et du parti Nam-in, peu satisfaits que plusieurs personnages importants eussent été seulement exilés, et que les familles des martyrs n’eussent pas été entièrement anéanties, résolurent de faire une nouvelle tentative.

Ils présentèrent donc une requête à la régente, demandant que l’on appelât de nouveau en jugement tous ces exilés, que l’on poursuivît les femmes et les enfants des grandes familles dont les chefs seuls avaient été mis à mort, et finalement que l’on confisquât les maisons et les biens de tous les condamnés sans exception. Le gouvernement ne fit pas d’abord de réponse. Sans se rebuter, les pétitionnaires, parmi lesquels plusieurs personnes honorées des plus hautes charges publiques, s’assemblèrent un grand nombre de fois pour s’entendre sur les meilleurs moyens d’arriver à leur but, et de forcer la main à la régente et à ses ministres. Mais un obstacle imprévu les arrêta tout à coup. Le jeune roi, âgé seulement de douze à treize ans, et qui n’avait pas encore de part dans l’administration du royaume, fut informé de leurs projets. Il se plaignit amèrement de ce que tous les grands du royaume, au lieu de chercher à sauver la vie de ses sujets, ne cessaient de comploter leur mort ; puis il fit, comme roi, défense absolue de revenir sur les jugements déjà rendus, et de faire désormais de nouvelles démarches pour obtenir leur révision. Cet acte éclatant déconcerta les auteurs de la requête, et sauva d’une ruine complète les débris de plusieurs grandes familles, qui jusqu’à ce jour conservent une vive reconnaissance pour la générosité royale.

C’était dans le courant de la onzième lune, le jour même, dit-on, du martyre d’Alexandre Hoang. Après cet acte de vigoureuse initiative de la part du jeune roi, la persécution ne pouvait plus guère continuer officiellement. Aussi la régente donna-t-elle, bien à contre-cœur, l’ordre de ne plus faire de nouvelles poursuites, et le tribunal extraordinaire fut dissous. En même temps les minis-