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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/348

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CHAPITRE IV.

Les six martyrs de Nie-tsiou. — Martyre de Barbe Sim, d’Alexis Hoang, etc. — Martyre du P. Tsiou.


Nous avons dit plus haut que le gouvernement de la régente avait fait transférer à la capitale, pour y être jugés par le Keum-pou, les chrétiens détenus dans les prisons de Nie-tsiou et de Iang-keun. Ceux de Nie-tsiou, arrêtés à diverses époques, avant la mort du roi, avaient déjà subi de longues tortures quand cet ordre fut exécuté. Nous allons donner ici les quelques détails conservés par les traditions coréennes sur les principaux de ces confesseurs.

Martin Ni Tsong-po-i, de la branche des Ni de Tsien, était né au district de Nie-tsiou, d’une famille attachée au parti Sio-ron. Il se faisait remarquer par son caractère droit, mais violent et irascible, par ses connaissances en médecine, par sa force et son courage extraordinaires, et par son ambition démesurée. On raconte de lui que dans tous ses voyages, même les plus courts, il avait la manie de se reposer le jour et de marcher seulement la nuit, et qu’il commettait fréquemment, sans le moindre scrupule, des actes de violence et d’injustice. Il fut amené à la foi par son ami intime, Josaphat Kim Ken-sioun-i, le collaborateur d’Augustin Tieng dans la composition de ce traité de religion, qui ne put être terminé. Les deux amis se firent chrétiens et furent baptisés ensemble. Dès lors Martin fut un nouvel homme. Il réussit à dompter son caractère, et ne conserva que sa droiture et sa fermeté. Rempli d’une courageuse ferveur, il professait ouvertement sa foi, et, avec son père et sa femme qu’il avait convertis, accomplissait ses exercices religieux sans se cacher de personne.

Son cousin Jean Ouen Sa-sin-i, de la ville de Nie-tsiou, avait, lui aussi, été converti par Josaphat Kim, avec lequel il était très-lié. Toute sa famille avait suivi son exemple et pratiquait la religion chrétienne.

À la troisième lune de l’année kieng-sin (1800), Martin et Jean allèrent passer les fêtes de Pâques chez un de leurs amis, Tsieng Tsong-ho. Ce dernier, dont le nom de baptême nous est inconnu, les reçut avec joie au milieu de sa famille, qui était tout entière chrétienne. Un chien fut tué, du vin préparé en abondance, et, le