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Page:Dallet - Histoire de l'Église de Corée, volume 1.djvu/289

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LIVRE II

Depuis l’entrée du P. TSIOU en Corée, jusqu’à son glorieux martyre.
1794-1801.




CHAPITRE Ier.

Entrée du P. Tsiou en Corée. — Martyre de ses introducteurs. — Travaux du P. Tsiou.


Nous avons vu qu’en 1790, l’évêque de Péking avait promis aux députés de l’Église coréenne, Paul Ioun et Jean-Baptiste Ou de leur envoyer bientôt un pasteur. Il leur tint parole, et au mois de février 1791, Jean dos Remedios, prêtre séculier de Macao, nommé par lui missionnaire de Corée, partit de Péking. Tous les ans, lorsque l’ambassade coréenne rentre dans le royaume, une foire a lieu sur les frontières de la Chine et de la Corée, et un grand nombre de marchands des deux nations s’y rendent pour faire le commerce. Il avait été convenu avec les envoyés coréens que le prêtre viendrait à la foire de cette année. Des chrétiens coréens, qu’on reconnaîtrait à certains signes, s’y trouveraient aussi, pour le recevoir et pour l’introduire dans leur pays. Après vingt jours de marche, Jean dos Remedios arriva sur les frontières de la Corée, mais les chrétiens coréens, empêchés par la persécution si violente alors, ne parurent pas. Dix jours s’écoulèrent, la foire se termina, l’ambassade rentra en Corée, et le zélé missionnaire, plein de douleur de l’insuccès de son entreprise, fut obligé de revenir à Péking, avec les Chinois qui l’accompagnaient.

Après avoir envoyé le P. dos Remedios en Corée, l’évêque Govea écrivit au pape Pie VI, pour lui annoncer la nouvelle du merveilleux établissement de l’Église dans ce pays. Sa lettre arriva à Rome en 1792. De grandes douleurs affligeaient alors le souverain Pontife, et ce fut au milieu des angoisses de cette terrible époque, qu’il apprit qu’à l’extrémité de l’Orient, de