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Page:D’Indy - Beethoven, Laurens.djvu/58

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XVIIIe siècle, le type du rondeau français à refrains et couplets périodiques.

L’ensemble de ces quatre types constituait alors (avec quelques variantes, chez Haydn notamment) ce que l’on était convenu d’appeler une Sonate. C’est sur cette forme que se modelèrent la naissante Symphonie (sonate d’orchestre) et la musique de chambre.

Au cours de sa première manière, Beethoven s’était scrupuleusement conformé à la coutume, se bornant à imiter parfois Haydn qui bâtit plus volontiers sa sonate en trois pièces.

Mais, dès l’année 1801, tous ces principes semblent abandonnés, Beethoven paraît s’engager sur une route nouvelle. Par deux fois il tente d’écrire des sonates dans lesquelles il ne reste même plus trace de la forme-sonate : op. 26 et 27, n° 1. Un peu plus tard, sentant bien la nécessité, en composition, d’une ossature solide, il se rejettera, presque furieusement, sur cette forme-sonate et semblera vouloir la proclamer à l’exclusion de toute autre : Sonate op. 57, VIIe, VIIIe, IXe quatuors ; les quatre pièces du VIIe quatuor sont écrites dans cette forme. Déjà, en 1802, il a proscrit le rondeau qui ne fera que de rares apparitions dans ses œuvres de la deuxième manière ; il l’abolira bientôt tout à fait dans ses sonates et ses quatuors, n’osant encore toucher à la structure de la symphonie ; mais il remplace à la fois le vétuste menuet et l’espiègle rondeau par le scherzo, type bien à lui, et qu’il saura exalter jusqu’à l’épopée.

Jusqu’alors, il a marché sûrement et docilement dans les traces de ses aînés, et le voilà tout à coup rompant avec ces modèles et ballotté, comme par un ouragan, de l’un à l’autre bord de la route, sans pouvoir, au moins